Comment identifier une monnaie romaine : avers, revers, légende, atelier
Par Sébastien · · 7 min de lecture
Une monnaie romaine que l'on prend en main livre déjà beaucoup : un portrait, une inscription, une scène au revers, parfois des lettres à l'exergue. Savoir les lire dans l'ordre permet de passer d'une pièce anonyme à une attribution solide. Cet article s'inscrit dans le guide cataloguer une collection de monnaies antiques.
L'anatomie d'une monnaie
Quelques termes reviennent sans cesse et structurent toute identification :
- Avers (droit) : la face principale, le plus souvent le portrait de l'empereur.
- Revers : l'autre face, généralement une divinité, une personnification ou une scène.
- Légende : l'inscription qui court sur le pourtour, à lire dans le sens horaire.
- Exergue : la bande sous la scène du revers, où figurent souvent la marque d'atelier ou une abréviation.
- Atelier (mint) et officine : le lieu de frappe et l'atelier précis, indiqués par des lettres.
1. Lire la légende de l'avers
La légende de l'avers nomme le personnage et décline ses titres : le nom de l'empereur suivi d'abréviations comme AVG (Augustus), CAES (Caesar), PF (Pius Felix), TRP (puissance tribunicienne), COS (consulat). Ces titres, notamment les numéros de consulat ou de puissance tribunicienne, aident à dater la frappe à quelques années près.
2. Observer le portrait
Le style du portrait, la barbe, la coiffure, la couronne (laurée, radiée) orientent vers un empereur ou une période. Une couronne radiée sur un bronze, par exemple, signale souvent un double sesterce ou un antoninien. Le portrait complète la légende : les deux se confirment mutuellement.
3. Décrypter le revers
Le revers porte le message politique de la frappe : une divinité (Jupiter, Mars, Victoire), une personnification (Pax, Salus, Concordia), une scène militaire ou dynastique. Sa légende décrit le sujet et renvoie souvent à un type de catalogue précis. C'est un critère d'attribution majeur.
4. Repérer la marque d'atelier et l'exergue
À l'exergue et dans le champ, des lettres indiquent l'atelier (par ex. R pour Rome, LUG pour Lyon, SIS pour Siscia) et l'officine. Ces marques, très codifiées sous le Bas-Empire, sont essentielles pour distinguer deux frappes autrement identiques.
5. Confirmer avec le métal et le module
Le métal (or, argent, bronze, billon) et le module (diamètre, poids) confirment la dénomination et écartent les confusions. Un aureus, un denier et un antoninien ne pèsent pas la même chose ; peser et mesurer fait partie de l'identification. Reportez ces valeurs dans la fiche.
Aller au bout de l'attribution
Une fois la pièce lue, il reste à lui donner un numéro de catalogue : voir comprendre les références RIC, RPC et la base OCRE. Et pour ranger cette identification durablement, voir le pilier cataloguer une collection de monnaies antiques.
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Questions fréquentes
Par où commencer pour identifier une monnaie romaine ?
Par la légende de l'avers, qui donne le nom et les titres du personnage, puis le portrait. Le revers et sa légende précisent le type, et la marque d'atelier affine l'attribution. Le métal et le module confirment la dénomination.
Que signifient les abréviations AVG, COS, TRP sur une monnaie ?
Ce sont des titres impériaux : AVG pour Augustus, COS pour le consulat, TRP pour la puissance tribunicienne. Les numéros associés (COS III, TRP IIII) permettent souvent de dater la frappe à quelques années près.
La marque d'atelier est-elle importante ?
Oui, surtout sous le Bas-Empire : les lettres à l'exergue indiquent l'atelier et l'officine et distinguent des frappes autrement identiques. Elles sont indispensables pour une attribution précise via RIC.
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